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John Burnside L'été des noyés ISBN 13 : 9782864249603

L'été des noyés - Couverture souple

 
9782864249603: L'été des noyés
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336pages. 21x14x2cm. Broché.

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Extrait :
Fin mai 2001, une dizaine de jours après que je l'avais vu pour la dernière fois, on remonta Mats Sigfridsson du fond du détroit de Malangen, plus bas sur la côte, à quelques kilomètres d'ici. On dit qu'il avait dû tomber à l'eau à Skognes, puis redescendre avec le courant jusqu'à la jetée proche de Straumsbukta, non loin de l'endroit où il vivait... et je me plais à penser que la mer prit en pitié le pauvre enfant qu'elle avait tué, et s'apprêtait à le déposer chez lui quand un pêcheur en aperçut la tignasse caractéristique, presque blanche, dans le crépuscule de l'été, sur quoi, avec le soin, la tristesse qui s'imposent, et la compétence de l'habitude, il le ramena sur la grève. Plus tard, on retrouva un canot dérivant dans le détroit, à mi-chemin entre Kvaloya et le chenal de navigation où les grands navires de croisière et de fret en provenance de Tromso glissent vers le large. Le canot, apprit-on, était auparavant solidement amarré à huit cents mètres de la maison de Mats, ce qui semblait confirmer qu'il avait dû le voler - chose qui dépassait vraiment toute explication, car il n'existait pas voleur moins crédible que Mats Sigfridsson, et personne ne parvenait à trouver de raison justifiant que ce garçon paisible et bien élevé puisse seulement se trouver sur l'eau au milieu de la nuit. Toute cette histoire était un mystère et chacun y allait de son hypothèse expliquant pourquoi Mats se trouvait à bord de ce canot, et quelles avaient pu être ses intentions. Certains parlaient de suicide : c'était la fin de l'année scolaire et, comme moi, Mats venait de boucler les examens qui allaient déterminer son avenir - époque angoissante pour n'importe quel jeune de dix-huit ans -, mais il n'avait pas laissé de lettre et rien n'indiquait qu'il ait été déprimé au cours des semaines précédant l'accident. Au contraire, il semblait plus heureux que d'ordinaire. Quelques-uns des adultes disaient qu'il s'agissait juste d'une farce qui avait mal tourné, un de ces actes de folie adolescente que les jeunes garçons commettent de temps à autre, pour des raisons qui leur appartiennent - mais parmi ceux qui connurent Mats, personne n'ajoutait la moindre foi à cette hypothèse. Certains des jeunes de la ville évoquaient un acte criminel, bien qu'aucun d'entre eux n'ait l'ombre d'une explication sur la raison pour laquelle quelqu'un aurait voulu nuire à un garçon comme Mats Sigfridsson.
Quant à moi, je n'avais pas d'hypothèse - pas à l'époque. Mats était dans ma classe et je l'avais toujours apprécié, quand bien même de loin. Ce que j'aimais surtout, c'étaient ses cheveux incolores de Pierre l'Ébouriffé et le demi-sourire étrange qu'il affichait quand un des professeurs lui posait une question à laquelle il ne savait pas répondre. Son frère Harald et lui étaient toujours ensemble, comme des jumeaux. Les gens disaient qu'ils étaient inséparables, presque indiscernables l'un de l'autre, mais en fait Harald avait un an de moins et ce n'était pas si difficile de les différencier. Leur allure de jumeaux était une illusion : une illusion qu'ils avaient créée, à force de volonté, parce qu'ils voulaient être semblables. Pour des raisons qu'ils étaient seuls à comprendre, ils avaient besoin d'être identiques. Naturellement, ils étaient ensemble la dernière fois que je les vis : c'était le Grunnlovsdag, jour de commémoration de l'Indépendance nationale, et ils regardaient passer les défilés sur Sjøgata, deux garçons blancs dans un océan de drapeaux norvégiens, de l'autre côté de la rue par rapport à moi, leurs regards suivant le défilé exactement de la même façon, leurs têtes tournant et se haussant à l'unisson, si bien que cela leur donnait l'air mécanique, presque, comme les automates d'une foire à l'ancienne. Ils se remarquaient toujours et, même au sein d'une foule, semblaient toujours seuls dans leur monde à eux, un monde où personne d'autre ne pouvait entrer. (...)
Présentation de l'éditeur :

Dans une région très septentrionale de la Norvège, quasiment déserte, un endroit magnifique et spectral, où l'hiver est sombre et enneigé et l'été miraculeusement doux et radieux. Comme généralement chez J. Burnside, le monde est à la fois beau et sinistre. Liv vit avec sa mère, un peintre qui s'est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et surtout de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d'une femme à l'irrésistible beauté pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort.
Un été, deux des camarades de classe de la jeune fille meurent noyés l'un après l'autre, par des nuits calmes et claires, puis c'est le tour d'un troisième homme, avant qu'un quatrième ne disparaisse sans laisser de trace. Cet été-là, la huldra pourrait bien prendre les traits de Maia, une amie de Liv et des deux jeunes lycéens noyés.
Ces morts sont-elles accidentelles ou les jeunes gens ont-ils été poussés par un esprit malfaisant?
Liv observe tout cela et tente de comprendre ce qui arrive mais elle ne parvient pas à donner du sens aux choses.
Voici un livre d'une intense poésie. Lyrique. Féérique. Dérangeant. Qui interroge mais ne donne pas de réponses. C'est un livre sur le regard, le regard du peintre, les diverses manières de regarder de la jeune Liv. Comme souvent chez J. Burnside, on est à la limite - difficile à appréhender - entre ce qu'on sait et ce qu'on rêve.
Le lecteur est envahi par un sentiment d'inquiétude et, peu à peu, de peur quand il comprend que le sujet central du livre n'est pas les disparitions successives, mais l'incapacité de Liv à vivre dans le monde réel et à accepter les autres. Elle aurait aimé vivre avant, quand les gens n'existaient pas encore. Et, dans les nuits blanches de l'été arctique, le roman a l'atmosphère hallucinatoire des rêves mais donne à voir un moment de profonde horreur. C'est aussi un grand et vrai thriller.
" La folie, le mystère et le mythe entrent en collision. "
Adam O'Riordans, The Financial Times
Un livre dérangeant qui ne laisse pas indifférent.
The Guardian
John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain en résidence à l'université de Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'université de Saint Andrews. Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie. Il est l'auteur des romans La Maison muette (Métailié, 2003), Une vie nulle part (Métailié, 2005), Les Empreintes du diable (Métailié, 2008), Un mensonge sur mon père (Métailié, 2009) et Scintillation (Métailié, 2011) qui a reçu le Prix du roman Virgin Lire (2011) et le Prix Millepages (2011).

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  • ÉditeurMETAILIE
  • Date d'édition2014
  • ISBN 10 286424960X
  • ISBN 13 9782864249603
  • ReliureBroché
  • Nombre de pages336
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Burnside, John
Edité par METAILIE (2014)
ISBN 10 : 286424960X ISBN 13 : 9782864249603
Neuf Couverture souple Quantité disponible : 4
Vendeur :
Gallix
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Description du livre Paperback. Etat : NEUF. Dans une région très septentrionale de la Norvège, quasiment déserte, un endroit magnifique et spectral, où l'hiver est sombre et enneigé et l'été miraculeusement doux et radieux. Comme généralement chez J. Burnside, le monde est à la fois beau et sinistre. Liv vit avec sa mère, un peintre qui s'est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler. Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et surtout de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d'une femme à l'irrésistible beauté pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort.Un été, deux des camarades de classe de la jeune fille meurent noyés l'un après l'autre, par des nuits calmes et claires, puis c'est le tour d'un troisième homme, avant qu'un quatrième ne disparaisse sans laisser de trace. Cet été-là, la huldra pourrait bien prendre les traits de Maia, une amie de Liv et des deux jeunes lycéens noyés. Ces morts sont-elles accidentelles ou les jeunes gens ont-ils été poussés par un esprit malfaisant ? Liv observe tout cela et tente de comprendre ce qui arrive mais elle ne parvient pas à donner du sens aux choses.Voici un livre d'une intense poésie. Lyrique. Féérique. Dérangeant. Qui interroge mais ne donne pas de réponses. C'est un livre sur le regard, le regard du peintre, les diverses manières de regarder de la jeune Liv. Comme souvent chez J. Burnside, on est à la limite - difficile à appréhender - entre ce qu'on sait et ce qu'on rêve. Le lecteur est envahi par un sentiment d'inquiétude et, peu à peu, de peur quand il comprend que le sujet central du livre n'est pas les disparitions successives, mais l'incapacité de Liv à vivre dans le monde réel et à accepter les autres. Elle aurait aimé vivre " avant ", quand les gens n'existaient pas encore. Et, dans les nuits blanches de l'été arctique, le roman a l'atmosphère hallucinatoire des rêves mais donne à voir un moment de profonde horreur. C'est aussi un grand et vrai thriller. - Nombre de page(s) : 324 - Poids : 358g - Langue : ANGLAIS - Genre : Littérature Anglo-Saxonne BIBLIOTHEQUE ECOSSAISE. N° de réf. du vendeur N9782864249603

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